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Myriam LECOMTE
Virginie MUSSET






La violence à l’école









Psychologie du développement et des apprentissages. Loïc Pulido
Licence 3, parcours pluridisciplinaire.
Année universitaire 2004-2005.
SOMMAIRE

























INTRODUCTION


La violence à l’école, sommes nous battus d’avance ?
Depuis toujours, les écoles ont constitué des lieux de socialisation et de régulation des conflits. Aujourd’hui, les structures scolaires, au même titre que les familles et les quartiers, sont en crise et ne semblent plus être capable de jouer ce rôle ; ce qui explique la montée du sentiment d’insécurité et de violence.
En effet la violence scolaire est devenue une préoccupation majeure et constitue une réalité à laquelle les enfants comme les adultes sont confrontés. Elle peut se définir comme une contrainte, physique ou morale, exercée par quelqu’un ou par un groupe sur une ou plusieurs personnes.
Nous avons choisi de parler de la violence à l’école suite à l’agression d’une petite fille de trois ans par deux garçons et une fille de cinq ans dans une école maternelle d’Altkrich dans le Haut-Rhin (voir annexe) et malheureusement ce sujet d’actualité ne cesse de se développer depuis quelques années.
La violence se manifeste sous différentes formes et peut causer des torts chez ses victimes comme chez ses agresseurs. Qui sont ces enfants qui préoccupent tant et quels sont les facteurs qui permettent de comprendre leurs difficultés ? Est-ce le reflet de la vie quotidienne de l’enfant : les conflits familiaux auxquels ils sont confrontés et qu’ils ne comprennent pas toujours, la façon dont on lui parle ? L’influence des autres enfants ? Ou tout autre facteurs… La violence scolaire ne concerne pas seulement les enfants en tant qu’agresseur, il y a aussi des agresseurs au niveau des adultes c'est-à-dire au niveau de l’équipe éducative. Enfin nous traiterons des solutions mises en place pour combattre la violence car les enfants ne devraient pas avoir peur d’aller à l’école et les parents ne devraient pas s’inquiéter de ce qui peut arriver à leur enfant à l’intérieur de l’école.


            I.      LES DIVERSES MANIFESTATIONS DE LA VIOLENCE


La violence scolaire choque le plus car pendant longtemps, l’école a été un lieu épargné et privilégié. Rendue obligatoire par Jules Ferry à la fin du XIX siècle, elle est le lieu d’accès à la connaissance, l’apprentissage de la vie en société …mais cela n’empêche pas l’insécurité et la violence.

1.     Les différentes formes


Les conduites des enfants violents peuvent aller des simples accès de colère fréquents à des évènements plus importants comme :

A)   Les incivilités


La violence scolaire prend de l’ampleur depuis quelques années et gagne peu à peu les écoles primaires sous une forme atténuée d’incivilités. Celles-ci constituent l’ensemble des désagréments comme le bruit, le chahut permanent, l’absence d’écoute, les moqueries…qui viennent empoisonner l’ambiance d’une classe et dégradent toutes les relations que ce soit entre enfants, entre adultes et enfants. En effet, les incivilités les plus banales semblent être des menaces contre l’ordre établi, transgressant les codes de la vie en société, le code des bonnes manières. D’après Eric Debarbieux, « cette forme de violence est révélatrice d’une crise du lien social. » il ajoute que « ce n’est pas forcément la classe ingouvernable ou l’éclat des grands chahuts, mais la certitude d’une dégradation constante, qui complique le malaise actuel ».

Les violences verbales sont une autre forme d’incivilité. Ces violences sont omniprésentes et banalisées. Elles sont majoritairement le fait d’élèves et vont de l’injure aux menaces envers les autres élèves ou les enseignants. Elles comprennent aussi les moqueries de l’enseignant qui malheureusement humilient l’élève concerné et le plus souvent devant la classe.


B)    L’indiscipline


L’indiscipline se caractérise par la non obéissance aux règles scolaires. Le refus de travailler, la perturbation des activités et du climat de travail de la classe en sont des exemples. Elle se retrouve le plus souvent dans les ZEP (Zones d’Education Prioritaires). En effet une enquête réalisée en juin 1998 montre que la violence chez les enfants est de plus en plus précoce et touche l’enseignement primaire. Les enseignants signalent une augmentation de l’indiscipline, de l’agitation qui rendent leur métier de plus en plus difficile. Ainsi, les actes de violence sont assez fréquents dans 42% des classes élémentaires et 34% des classes maternelles de ZEP.

C)   Les violences physiques


La plupart d’entre elles sont commises en public c'est-à-dire devant la classe entière ou dans la cour de récréation à l’abri des regards comme dans les toilettes ou les recoins qui ne sont pas visibles par les enseignants ou les surveillants. Par conséquent, d’après une étude financée par la Fondation de France, il est normal de lire qu’un enfant sur quatre ne s’y sente pas en sécurité dans certaines écoles. La violence physique est essentiellement des bagarres, des coups de pieds, de poing, des jets de cailloux, de sable qui sont liés à un désaccord avec un enseignant ou un camarade. Par exemple, un élève peut renverser un pupitre contre un de ses camarades qu’il avait dans un premier temps insulté pour avoir refuser de jouer avec lui.

Les violences physiques peuvent être la conséquence de « violence copie » comme nous l’explique Yannick Joyeux (chercheur en sciences de l’éducation). Il entend par violence copie, « tout acte d’imitation de violence mise en scène par les médias essentiellement lors de feuilletons télévisés et des séquences sportives de combat. ». Qui n’a pas vu un enfant imiter Dragon Ball ou tout autre personnage ‘violent’ d’un dessin animé ? Il remarque aussi que l’enfant va imiter ce personnage dés qu’il se sent vulnérable ou en perte de crédibilité.


D)   Le vol


Dans les écoles primaires, il existe des vols de trousses, de crayons, d’objet appartenant à l’un de leurs camarades…Dans la plupart des cas il s’agit d’un phénomène de jalousie envers leurs camarades et ces vols ne sont pas toujours commis par des enfants dans le besoin.

L’école primaire est aussi concernée par le racket qui commence à se produire dés les classes de CE1/CE2. Les enfants subissent des pressions répétées d’autres camarades. Au début, il s’agit de petits rackets : goûters, billes…
Le racket n’est pas une simple infraction. Il établit une relation agresseur victime : dévalorisation de l’un et domination de l’autre, par des menaces lourdes, en particulier sur le plus faible.

E)    Le harcèlement


Celui-ci peut être moral ou sexuel et il s’agit « du fait pour une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, de harceler autrui en usant d’ordres, de menaces ou de contraintes dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle. »

2.     A l’école maternelle


En maternelle, la violence est généralement brève : elle s’inscrit dans un désir immédiat. Ils s’arrachent un jouet ou bien se poussent.
En effet, comme le dit Nicole Cathelin, la distance à l’autre n’est pas facile à maîtriser à cet âge. Ainsi il faut un certain temps pour que les enfants sentent qu’ils appartiennent à un ensemble appelé « classe » dans lequel on prête les différents objets qui s’y trouvent. Certains enfants, surtout au début de la scolarisation, vivent ces « emprunts » comme une dépossession et font tout ce qui leur est possible pour récupérer l’objet. On remarque alors des tiraillements de cheveux, des coups, des morsures…
A cet âge, l’enfant ne maîtrise pas suffisamment bien le langage pour expliquer clairement ses soucis et ses chagrins, c’est pourquoi un changement de comportement peut arriver : il peut s’agir de l’apparition d’une instabilité ou au contraire d’un repli sur soi et parfois même d’une agressivité, d’un besoin de mordre ses camarades.
Par contre il ne faut pas condamner trop rapidement ce type de comportement car une période d’adaptation de quelques mois est nécessaire. Bien sûr si ce comportement persévère il faut prendre les mesures nécessaires pour le changer. La meilleure solution, dans un premier temps est d’en parler avec les parents pour savoir si il existe le même type de comportement à la maison.


Les comportements violents des enfants sont très divers et évoluent avec l’âge. Ils ont cependant deux points communs : ils se moquent régulièrement des droits d’autrui et gène progressivement le développement de l’enfant.


         II.      LA VIOLENCE A L’ECOLE : ENTRE QUI SE DEVELOPPE-T-ELLE ? VICTIME AGRESSEUR


1.     Violence entre élèves.


A)   Définition de la violence entre élèves


Nous venons d’expliquer les formes de violence existantes. Si on les prend globalement, nous pouvons différencier deux cas de violences entre élèves. D’une part le cas où l’individu  agresse un autre et d’autre part le cas où l’agresseur devient un groupe d’individus.
D’après Monsieur Dan Olweus : «  un élève est victime de violences ou de victimisation lorsqu’il est exposé, de manière répétée et à long terme, à des actions négatives de la part de d’un ou plusieurs autres élèves. » Il ne s’intéresse dans sa définition qu’aux  « souffre-douleur », soit aux victimes en position de faiblesse par rapport à leur agresseur. Il ne faut pas oublier que des violences interindividuelles entre égaux, expliquées par Bernard Defrance, existent comme une concurrence entre deux élèves de même force.

B)    La violence entre individu et individu : les faits


ü  Les forts et les faibles


Il se dégage des études réalisées un portrait caractéristique des victimes faibles et des agresseurs forts.

Pour les victimes, il s’agit en général d’enfants plus réservés que les autres, marquant une faible estime d’eux-mêmes, une forte anxiété et se repliant sur eux-mêmes. Victimes idéales pour les agresseurs, qui n’auront pas à subir les conséquences de leur faits et gestes, puisque ces victimes ne se défendront pas. En langage courant, c’est « la tête de turc ». Il existe un deuxième type de victime, moins courant, les victimes, qui par leur comportement querelleur ou agressif provoquent des réactions violentes de la part de leurs camarades.

Pour les agresseurs, il s’agit en général d’enfants n’ayant pas peur d’employer la violence pour arriver à leur fin. Ces enfants veulent dominer. Ils sont souvent en contradiction avec leur milieu. Ils affirment leur supériorité en rabaissant les autres.

ü  D’égal à égal


Dans le cas de deux individus de force égale, il s’agit de violence motivée par un règlement de compte. L’agresseur frustré veut se venger et n’entrevoit aucune autre solution que de se battre pour rétablir ses droits.

C)   Un groupe sur un individu : les mécanismes de groupe


La violence peut également être générée par un groupe d’individus.
Comment un groupe entier peut-il s’attaquer à un seul individu ? Les individus du groupe suivent «  l’agresseur chef »  et le prennent pour modèle. Ce sont souvent des enfants de faible personnalité qui tentent de s’imposer en entrant dans une bande; leur vision idyllique de l’agresseur provoque un changement de leur appréhension de la violence. Agression ne rime plus avec mauvaises intentions. De plus «l’effet groupe» provoque une diminution de leur responsabilité individuelle. Par exemple : «je n’étais pas seul, ce n’est pas ma faute, ce n’est pas que de ma faute ou l’idée ne venait pas de moi».
La culpabilité peut même tendre à disparaître au cours du temps dans le cas où la victime subit aux yeux des ses agresseurs, une dépersonnalisation, qui la conduit à devenir un objet méritant le traitement qu’on lui afflige.




2.     Violence entre élèves et professeurs


A)   Quand les professeurs sont victimes des violences de leurs élèves


Les violences envers les professeurs effectuées par des élèves du primaire relèvent essentiellement de la violence verbale. Ce sont des grossièretés, des insultes et de l’insolence. Il arrive régulièrement qu’un élève mécontent émette des grossièretés à l’intention de son professeur afin de lui faire part de son désaccord.
Comme l’illustre Eric Debarbieux ces violences entraînent des tensions quotidiennes qui agissent sur l’état psychologique du professeur. Il s’agit donc de violences psychologiques dont les élèves ne sont pas forcément conscients, car elles sont en général de faible intensité mais peuvent finir par avoir un impact considérable (ex : dépression du professeur)
Quant aux violences physiques, elles sont quasiment inexistantes ; les enfants n’osent pas frapper un adulte même si l’envie est souvent présente. L’enseignant, par sa supériorité physique, inspire le respect.

B)    Le professeur est l’agresseur


En France, au XXIème siècle, il existe encore des classes de maternelles ou de primaires où des adultes frappent et humilient des enfants, où des méthodes archaïques sont encore utilisées. Dans ces classes, les enfants subissent des violences équivalentes, voire pires, à celles que subissaient nos parents. L’institution a évolué, les mentalités ont changé et la pédagogie tient aujourd’hui compte de l’enfant en tant que personne ; la « pédagogie noire » a disparu. Il nous semble intéressant d’étudier par quels gestes se manifestent ces violences, afin de pouvoir par la suite proposer des solutions à ces actes.

ü  Violences physiques


Certains adultes n’hésitent pas à utiliser des objets, comme une corde – pour attacher les enfants turbulents –, du ruban adhésif - pour faire taire les plus bavards –, un placard – pour calmer les moins sages –, ou encore la traditionnelle règle pour ceux qui n’arrivent pas à comprendre.
Pascal Vivet cite plusieurs exemples pour illustrer ces faits. L’un d’eux a particulièrement retenu notre attention. Il s’agit d’une institutrice utilisant des méthodes sadiques telles que la corde, le local à poubelles pour enfermer les enfants et les fessées devant toute la classe. Les répercussions sur les enfants furent grandes, d’autant qu’elle a pu continuer à «enseigner» jusqu’à sa retraite, bénéficiant de la protection de l’inspection académique.

ü  Violences psychologiques


Cette institutrice usait aussi de violences psychologiques pour faire taire les enfants. Une autre sorte de violence psychologique concerne les instituteurs qui ont leur tête de Turc, comme ce professeur qui a pris pour cible tous les enfants d’une même famille au fur et à mesure des années en les humiliant de toutes les façons possibles, ou cet enfant qui a subi humiliation, mépris et sarcasmes de la part de son institutrice pour avoir oublié un livre. Cette sorte de violence est beaucoup plus sournoise mais tout aussi malsaine que les violences physiques.

ü  Violences sexuelles


On ne peut pas clore cette liste sans parler des violences sexuelles et des attouchements qui malheureusement existent aussi. C’est le cas d’une classe dans laquelle le maître a effectué des attouchements sur toutes les petites filles. Elles ont vécu un véritable calvaire avant que l’instituteur ne soit condamné.

Il ne s’agit ici que de cas extrêmes, des exceptions mais il nous semblait important de les signaler


     III.      LA VIOLENCE A L’ECOLE : A QUOI EST-ELLE LIEE ? DE QUOI EST-ELLE L’EXPRESSION ?


Après avoir expliqué les relations victimes agresseurs, nous nous intéressons aux facteurs provoquant ou induisant ces violences. Existe-t-il des raisons influençant le développement de la violence ? Cette question soulève des réactions différentes, car tous les spécialistes ne sont pas d’accord : voici une synthèse de leurs explications.

1.     Guerre en zone urbaine contre paix en zone rurale


A)   Les avantages de la proximité campagnarde


Il s’agit là d’un retournement quelque peu ironique de la situation : la ville qui durant des siècles est restée le symbole de la civilisation devient aujourd’hui plus barbare que la campagne. La violence sévit plus dans les écoles urbaines, même dans celles qui sont favorisées, que dans les écoles rurales. Eric Debarbieux explique ce phénomène par quatre observations. La première réside dans la relation entre les parents et les professeurs : leur petit nombre facilite les échanges, les discussions et la reconnaissance mutuelle.
La seconde observation montre que l’école rurale a une plus grande cohérence idéologique.
La troisième observation est faite sur l’image du maître qui en milieu rural est toujours perçu comme un notable et respecté pour sa condition d’homme instruit.
La dernière observation concerne la population des élèves qui ne compte quasiment aucun enfant d’origine étrangère dans les campagnes ce qui évite les bagarres ayant pour origine les propos racistes qui sont très courant en zone urbaine.
La proximité et la cohérence de l’école rurale sont donc supérieures à celles de l’école urbaine et ces deux éléments évitent l’expansion de la violence.



B)    La ville abrite des zones particulières


En ville, d’après l’étude de Bernard Defrance, l’entassement de la population dans des habitations précaires telles que les H.L.M. (Habitations à Loyer Modéré) est problématique. Dans ces cités où les gens vivent « les uns sur les autres », sans intimité totale, les enfants n’ont pas d’autre solution pour se réunir que de se retrouver dans la rue où règne la loi du plus fort. A l’herbe verte de la campagne s’oppose le goudron noir de la cité. Cette atmosphère se retrouve à l’école où les problèmes se règlent comme dans la rue, c’est-à-dire par la violence. Ce facteur qui a donné naissance aux Z.E.P. (Zone d’Education Prioritaire) n’est pas négligeable pour expliquer la dominance de la violence dans les villes.

ü  Un avis contraire


On ne peut pas nier les observations précédentes. Cependant, aux yeux de Dan Olweus, qui a réalisé une étude en Norvège, cette assertion concernant la présence plus grande de la violence en ville qu’en campagne n’est qu’un mythe. Pour lui, les résultats sont équivalents : y aurait-il une différence entre les pays ?

2.     Rôle de l’établissement et de l’équipe pédagogique dans les violences quotidiennes


A)   Taille de l’établissement et de ses effectifs


La violence serait effectivement supérieure dans les grands établissements où le nombre d’élèves est supérieur au nombre prévu initialement. Cette surcharge entraîne des frustrations qui s’expriment par des actes de violence. De plus, la superficie de ce genre d’établissement rendant la surveillance plus difficile permet aux élèves d’agir plus librement que dans les petites écoles.


B)    Rôle du chef d’établissement.


La violence dans une école peut se propager rapidement si les élèves ne sont pas suffisamment encadrés. Cet encadrement commence par la présence du directeur. Il est responsable des élèves et de l’équipe éducative. Les relations au sein de l’équipe éducative auront de grands impacts sur l’ambiance générale de l’établissement. Une équipe soudée règlera les problèmes avec nettement plus de facilité qu’une équipe en conflit. Au près des élèves le directeur représente la plus grande autorité. Il est la référence. C’est lui qui instaure le climat de l’école. En cas de laxisme, les débordements ne tardent pas à subvenir. S’il n’assume pas ses responsabilités ce sont les élèves qui prennent le dessus. Cette importance du chef d’établissement se remarque très facilement dans les nombreux cas où un changement de directeur suffit pour changer le comportement des élèves.

C)   La qualité de l’encadrement. (Professeurs et personnels).


La violence peut se développer à cause des incapacités du personnel éducatif. Cela se traduit tout d’abord par une mauvaise gestion des élèves comme lors de chahut en classe provoquant de mauvaises conditions de travail, des énervements inutiles qui aboutissent à des actes violents. L’incapacité du personnel peut se révéler par un manque de réaction vis-à-vis des violences commises laissant le soin aux élèves de régler leurs problèmes eux-mêmes. Il peut également s’agir d’un manque d’attention des surveillants comme se fut le cas a Altkirch le 22 octobre dernier où une petite fille de 3ans fut battue par 3 autres enfants de 5 ans pendant la récréation (voir annexe).Toutes ses négligences laissent la violence s’exprimer.
La qualité de l’encadrement peut aussi se noter par rapport aux effectifs. En effet il existe une relation entre le nombre de surveillants pendant les pauses et le nombre d’élèves. Comme le montre Dan Olweus, plus le nombre de surveillants est élevé, plus les problèmes de violences sont bas. Il y a donc une grande importance des adultes qui doivent être vigilants et en nombre suffisant.


3.     Violences dues à l’échec scolaire.


L’échec scolaire provoquerait des réactions violentes chez certains enfants en difficulté. L’ennui issu du manque d’intérêt, provoqué par l’absence de résultats positif, induit un esprit de révolte chez ces enfants. Cette révolte s’exprime par la violence. Ces enfants entrent dans un cercle vicieux tournant autour de la violence et de l’échec.
Certains auteurs (Bernard Defrance) ont effectivement montré une corrélation l’augmentation de la violence et  l’augmentation du taux d’échec scolaire. Ce n’est pas l’avis de Dan Olweus pour qui les agresseurs et les victimes ont seulement des résultats faiblement inférieurs à la moyenne.

4.     Violences dues à l’encadrement familial.


L’éducation familiale a une grande importance sur le développement de l’enfant. Quatre principaux facteurs sont à l’origine des violences infantiles.
Tout d’abord, l’attitude émotionnelle des parents face à leur enfant. Un manque d’affection et de présence de la part des parents provoque un comportement hostile chez les enfants qui deviennent plus facilement des agresseurs. A l’opposé, un enfant trop couvé se repliera sur lui-même et aura le profil de la victime type.
Ensuite, l’éducation répressive où les parents s’adonnent à des châtiments corporels excessifs (enfants battus) ou utilisent des méthodes traumatisantes pour affermir leur autorité, donne des enfants violents. Ces enfants ne connaissent que ce mode de «communication ». La violence engendre la violence. A l’inverse, une éducation trop laxiste, où les parents démissionnent et ne remplissent pas leur rôle, en ne réprimandant pas leurs enfants lorsqu’ils sont violents, en les laissant dès leur plus jeune âge traîner dans les rues, en ne s’occupant pas de leurs résultats scolaire provoque des effets très négatifs sur leur comportement.
Le dernier facteur rentrant en compte concerne l’évolution du modèle familial. Au niveau du couple parental, dans le cas des familles monoparentales ou au contraire polygames les enfants n’ont plus de repères concrets. A qui se référer ? Dans le cas de conflits parentaux répétés devant les enfants, les prenant même parfois à partie ; le mal-être qui en résulte ne peut qu’amener l’enfant à adopter un comportement instable.
Les enfants ont besoin d’un modèle à suivre, de références sur lesquelles ils peuvent s’appuyer, d’une cellule familiale stable.

5.     Autres facteurs provoquant la violence.


Deux autres exemples peuvent être cités sans qu’ils soient réellement démontrés. Le premier met en cause les violences à la télévision. En effet, un enfant regardant trop de scènes violentes aurait des tendances nettement plus agressives qu’un enfant non habitué à, ces programmes. Enfin, le facteur héréditaire n’est pas à exclure  il pourrait influencer le comportement de l’enfant.


     IV.      LES LIMITATIONS ET PREVENTIONS DES RISQUES DE VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE


D’après l’étude, financée par la Fondation de France, sur la prévention de la violence à l’école, la non-violence n’est pas une attitude humaine spontanée et naturelle, c’est le résultat d’une éducation car comme le dit Jean-Luc Aubert (psychologue scolaire) : la violence fait partie de l’homme et ce, dés le plus jeune âge. C’est pour préserver la pulsion de vie que cette pulsion de mort existe. Donc pour freiner la montée du sentiment d’insécurité et de violence, l’école doit jouer un rôle dans la gestion des conflits et la socialisation des enfants. Elle a donc une mission double : enseigner et éduquer.

1.     Au niveau de l’école


Les mesures prises à ce niveau comprennent la totalité de l’effectif. Elles sont destinées à développer des attitudes et à établir des conditions favorables à la diminution des violences dans l’école dans son ensemble.

A)   La socialisation


Le développement l’estime de soi, les attitudes de respect, l’écoute et la tolérance envers les autres permet une socialisation des enfants à l’école qui est un facteur important contre la violence. L’équipe éducative peut avoir recours à des outils de médiation scolaire et de mise en forme pratique de la « citoyenneté » par des contes, des dessins, des jeux de rôles, des mimes… Pour cela, une situation favorable de dialogue entre les enfants et les enseignants est nécessaire. Mais il faut aussi que les enseignants aient reçu une formation adaptée à la notion de violence à l’école et surtout à son traitement ou sa prévention.




B)    La surveillance


Les violences sont plus fréquentes sur la cour de récréation où les enseignants sont en nombre relativement élevés et en profitent pour discuter et se donner des nouvelles. Par conséquent, il est important q’un nombre suffisant d’adultes soit présent parmi les enfants pour assurer une bonne surveillance de leurs activités. Il ne suffit pas que les enseignants et les autres adultes (par exemple des surveillants) se contentent d’être présents : ils doivent être prêts à intervenir rapidement et de manière efficace lors de situations de conflits.
Il est bien évident qu’une meilleure surveillance des cours de récréation ne constitue pas une mesure suffisante. Pour une plus grande sécurité des élèves, les adultes doivent en plus se communiquer les détails des incidents produits.

Une autre façon de lutter conte la violence consiste à mettre en place un environnement extérieur bien équipé et attrayant qui incite à des activités plus positives car il est fort probable que certains enfants sont plus agressifs lorsqu’ils s’ennuient et embêter les autres est une manière de s’amuser.

C)   Ouvrir l’école sur la cité


L’école doit être éducative en s’organisant simultanément autour de quatre pôles : enseignant, social, culturel et familial surtout dans les ZEP où la mixité sociale et des populations est présente. Maryse Vaillant (psychologue clinicienne) écrit que « le pôle enseignant concerne le savoir et ne doit pas être appauvri : savoir et savoir-faire pour développer le savoir être de l’homme moderne. ». Il doit se mettre en relation avec le pôle social c'est-à-dire avec les associations, éducateurs de quartier et le pôle familial pour pouvoir mieux connaître ses élèves et leurs conditions de vie. L’école aurait ainsi la possibilité de travailler en partenariat avec ces différents acteurs lors de projets d’école.




2.     Au niveau de la classe


Les mesures au niveau de la classe répondent à peu près aux mêmes objectifs que celles au niveau de l’école sauf qu’elles ont la totalité des élèves de la classe comme groupe cible.

A)   Les règles de vie


L’instauration de règles de vie collectives est nécessaire pour qu’elles deviennent un recours systématique en cas de besoin. Elles sont des repères sécurisants pour les enfants surtout s’ils participent à l’écriture.
Le dossier « Les petits font la loi » nous le démontre. En effet dans une école maternelle de Montfermeil (située en ZEP), les élèves se réunissent régulièrement en « conseil extraordinaire » pour parler des différents problèmes survenus depuis le dernier conseil. Cette école travaille en « pédagogie institutionnelle » qui s’inspire de la méthode de Célestin Freinet. Il pense que les enfants apprennent qu’en étant productif et en faisant des expérimentations concrètes.
L’institutrice convoque ses élèves et leur décrit la situation. Elle demande ce qu’on peut dire à l’agresseur. Les enfants donnent leurs opinions, discutent d’une loi et pour ne pas oublier elle l’inscrit sur une feuille qui sera affiché à côté du tableau pour pouvoir l’utiliser comme référence si le même cas survient. Par la suite l’institutrice a remarqué un changement de comportement chez l’élève concerné et quelques semaines plus tard il rappelait lui-même cette loi à deux camarades qui se bagarraient. Par conséquent elle n’est plus le seul repère et à travers le « conseil », un enfant violent a pu retrouver sa place parmi les autres.
Bien qu’ils ne sachent pas lire, les élèves ne se trompaient jamais de loi lorsqu’ils y faisaient référence auprès de leurs camarades. Cela montre bien qu’apprendre à vivre ensemble et à se respecter les uns les autres est important à cet âge pour limiter la violence.



B)    Les sanctions


C’est avec un mélange de compliments en cas d’activités positives et de sanctions cohérentes en cas de comportement agressif ou d’infraction aux règles de la classe que l’on obtient les résultats les plus prometteurs. Les sanctions doivent être facile à appliquer par les enfants concernés mais elles doivent quand même être désagréables. On peut par exemple envoyer les élèves perturbateurs et agressifs voir le directeur qui représente plus facilement l’autorité à leurs yeux, les obliger à rester assis contre un mur pendant que les autres s’amusent lors de la récréation. Si cette sanction se répète fréquemment, il devrait y avoir un changement positif du comportement des élèves concernés car ils seront agacés de voir les autres s’amuser pendant qu’ils doivent rester tranquilles.

3.     Au niveau individuel


Les mesures au niveau individuel ont pour but de modifier le comportement ou la situation des élèves concernés c'est-à-dire les agresseurs comme les victimes.

A)   Entretien avec l’agresseur


Lorsque l’enseignant connaît ou soupçonne l’existence de violences parmi ses élèves, il doit agir sans attendre. Il est nécessaire de dialoguer rapidement avec le ou les agresseurs ainsi que la ou les victimes. L’objectif principal de ce contact est de faire cesser les violences. Pour cela le message qui est adressé aux agresseurs doit être clair comme le précise Jean-Luc Aubert : « Nous ne voulons pas de violence entre les élèves dans cette école/cette classe et nous allons tout faire pour y mettre fin. ». Dans le cas où plusieurs enfants sont concernés, il vaut mieux leur parler individuellement et à la suite. Ainsi ils auront moins de chance de se concerter et d’adopter une stratégie commune même si les enfants concernés sont petits.


B)    Entretien avec la victime


Comme nous avons pu le voir, la victime est un élève angoissé et souffrant d’un manque de confiance. Par conséquence elle craint de causer des ennuis à ses agresseurs en révélant leurs activités aux adultes et bien souvent elle a été menacée de vengeances si elle rapportait. Donc sous de telles menaces, la plupart des victimes décident de souffrir en silence.
Par conséquence, il est impératif de tout mettre en œuvre pour offrir à la victime une protection. Celle-ci passe en général par une étroite coopération et de nombreux échanges d’informations entre l’école et la famille de l’élève.
Si les violences persistent voire s’aggravent, la victime et sa famille doivent chercher l’aide de professionnels comme des psychologues pour supporter le traumatisme ce qui évitera à la victime de souffrir plus tard des effets à long terme. Ceci s’applique également pour les enseignants victimes.

C)   La prise en charge psychologique


La partie suivante a été d’après le livre de Jean-Luc Aubert et la revue Sciences Humaines.
Face à la violence, l’enfant ou l’enseignant est livré à sa propre angoisse. Ils ont besoin de soutien afin d’exprimer leurs angoisses. Il est possible d’agir concrètement notamment par un plan de traitement adapté et cela avec la participation active des parents lorsqu’il s’agit de l’enfant. La visite chez un psychologue permet de mettre en place ce plan qui le plus souvent est une thérapie. Elle permet de parler de ses peurs, de ses craintes, de ses angoisses pour pouvoir les évacuer et mieux les maîtriser.
Toute intervention du psychologue commence après une évaluation approfondie des difficultés basée sur des entrevues détaillées, des tests psychologiques et des observations à l’école mais aussi à la maison. Les résultats sont ensuite travaillés en équipe soignante avant d’être restitués à la famille, et avec l’accord des parents à l’école si cela semble nécessaire pour le traitement de l’enfant. On élabore alors un traitement adapté aux besoins qui propose toujours un travail de collaboration dans lequel les adultes doivent autant s’impliquer que l’enfant.
Cette forme de plan s’applique de la même manière lorsque ce sont les adultes qui sont concernés par la violence mais bien sûr le plan est adapté à l’âge et à la situation.

D)   Affectation dans une autre classe ou école


Si le problème persiste malgré les tentatives répétées d’y mettre fin, la solution d’un changement de classe ou d’école peut être envisagée.
Un regroupement regrettable d’élèves agressif dans une classe doit pousser l’école après la consultation des parents à répartir ces élèves dans une autre classe voire d’autre école si le premier cas est impossible. On obtient souvent de bons résultats en dispersant ainsi une « bande ». Et la perspective du renvoi de l’élève peut servir de pression pour provoquer un changement de comportement.
La solution à retenir en premier est de déplacer les agresseurs et non les victimes. Cependant on peut envoyer la victime dans une autre classe ou une autre école si cet arrangement semble prometteur.
Quoi qu’il en soit, ces changements doivent être soigneusement étudiés et préparés à travers des concertations entre les enseignants et les parents pour augmenter les chances de parvenir à un aboutissement satisfaisant.
Ces différentes affectations peuvent également être prises en compte lorsqu’il s’agit des enseignants qu’ils soient agresseurs ou victimes.


CONCLUSION


Les violences scolaires ont été abordées en partant d’abord des diverses manifestations qui peuvent être différenciées selon leurs caractéristiques physiques (verbale, physique, relationnelle…), leurs protagonistes (enseignants, élèves, …) ou encore leurs buts comme l’hostilité, le rejet ou la sanction.
Ainsi les principaux facteurs de risques sont des facteurs démographiques, des facteurs institutionnels tels que l’environnement scolaire, la relation avec les élèves ou les enseignants et l’échec scolaire, et enfin des facteurs familiaux qui ne sont pas pour autant négligeables. Par conséquent l’apparition et le développement de la violence en milieux scolaire sont liés à de multiples facteurs révélant la complexité de la situation. Celle-ci est encore plus méconnue que pour les établissements secondaires car ce phénomène de violence se retrouve le plus souvent chez les adolescents que chez les enfants mais malheureusement ceux-ci ne sont pas épargnés. Par contre l’école élémentaire est mieux protégé et semble exercer plus efficacement son rôle de protection contre la violence, notamment par la mixité sociale et la proximité avec les parents. En effet c’est par le dialogue avec les parents et les enfants que la violence peut être vaincue et limitée.
Pour cela de nombreuses expériences ont été mises en place comme l’apprentissage de la vie en groupe par des mises en situations, la littérature enfantine (particulièrement pour les enfants des écoles maternelles) ou bien par l’élaboration d’une charte de vie dans la classe et l’école par les enfants avec l’aide de l’équipe pédagogique. Mais le manque de moyens ainsi que le manque de structures pour accueillir les enfants les plus violents reste cependant important.


BIBLIOGRAPHIE

            Ouvrage :
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  • Defrance, B. (2000). La violence à l’école. Paris : Syros.
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  • Vivet, P., Defrance, B. (2000). Violences scolaires : les enfants victimes de violence à l’école. Paris : Syros.

Chapitre d’ouvrage :
  • Lorrain, J-L. (1999). Les violences scolaires : ni fatalité ni impuissance, Que sais-je ? : Les violences scolaires (pp 89-106). Paris : Presses Universitaires de France.
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  • Vaillant, M. (2001). Le choix éducatif : la seule alternative au sécuritaire, Face aux incivilités scolaires, quelles alternatives au tout sécuritaire ? Paris : Syros.

Articles de revues :
  • Sciences Humaines (Hors Série n°45, 2004). L’enfant (pp 42-45).
  • Psychologies (n°139, 1996). Dossier : Les petits font la loi (pp 47-49)

Dossier :
  • Fondation de France (2000) Des études pour prévenir la violence à l’école.






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