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La pédagogie active (méthode d’éducation active)




Renata Palumbo
Mohammed Allouch
Nelly M.B. Happaerts

2SP1 Jonfosse
2005-2006
Introduction et origine des méthodes actives


Les méthodes actives se sont formées en réaction contre les méthodes précédentes, et ce dans l’effort, pour comprendre et aider les élèves en difficulté.

Dites « méthodes nouvelles », elles ne se sont réellement constituées qu’au début du XXe siècle, en même temps que les progrès de la psychologie de l’enfant, basées essentiellement sur l’analyse de l’activité et la façon dont se construisent l’intelligence et la personnalité.
Des noms de grands pédagogues restent attachés à leur mise en œuvre, comme ceux de Montessori, Decroly, Claparède, Cousinet, Freinet et Piaget.


Ø Les premières méthodes actives : MONTESSORI et DECROLY

Maria MONTESSORI
Elle s’est intéressée surtout aux enfants (Auto-éducation à l’école élémentaire).
Sa pensée principale :

-      On apprend en agissant, en s’exerçant, en utilisant, en étant actif : d’où l’importance du matériel pédagogique qui peut être utilisé. « La connaissance vient par les sens ».

Ovide DECROLY
Il a consacré sa vie au service de l’enfance.
« Une éducation pour la vie, par la vie »
Deux mots clés peuvent résumer sa méthode : la fonction globalisation et la pédagogie des centres d’intérêts (agir selon ses besoins, ses soucis…).
.

Ø Le développement des méthodes actives : CLAPAREDE et COUSINET

Edouard CLAPAREDE
Professeur de psychologie expérimentale, il a étudié les comportements ludiques des animaux, et s’est intéressé beaucoup aux travaux de DEWEY sur l’école et l’enfant. Il crée une école expérimentale où il met en pratique ses méthodes pédagogiques.
Sa méthode : enseigner, c’est répondre.


Roger COUSINET 
Fondateur de l’Ecole nouvelle française, il s’est occupé de nombreuses expériences de travail libre par groupe.
Sa méthode :
-      Il préconise le travail de groupe
Ainsi, tous les élèves sont ACTIFS et mènent eux-mêmes le cours.
L’enseignant prépare des activités plutôt que des leçons. Cette méthode du groupe développe motivation, engagement personnel, initiative, permet un rythme naturel, des expériences d’essais et d’erreurs.








Ø La rénovation des méthodes actives : FREINET et PIAGET

Claude FREINET
Il veut adapter les méthodes actives au contexte réel de l’école, en particulier avec les élèves issus de milieu modeste.
Sa méthode : la pédagogie du travail
Elle a été essentiellement conçue pour permettre l’activité et l’expression libre de l’élève, et donner le goût du travail.
Les grands principes :
-      l’enfant avec ses besoins, ses intérêts, ses possibilités est au centre de la pédagogie.
-       Une école active qui favorise l’éducation par un vrai travail, immédiatement utile dans la vie.
-      Une éducation qui prend comme points d’appui le besoin de s’exprimer, de communiquer, de réaliser des projets. L’activité est fonction du but que l’élève se propose, motivé par le désir de réussite et le sentiment d’une utilité proche : développement de la motivation par l’effort.
-      La seule discipline est celle que le travail exige et que les élèves mettront au point pour le bon fonctionnement de la classe, développant leur responsabilité personnelle.






Jean Piaget
Il a influencé de manière considérable le domaine de la psychologie et de l’éducation.

Il prône une éducation active.
Selon sa théorie, l’accès à la connaissance s’inscrit dans le prolongement du développement biologique.
L’acquisition des connaissances se produit par la passage en diverses phases : l’assimilation, l’accommodation et l’équilibrage.

« L’intelligence pratique est l’une des données psychologiques essentielles sur laquelle repose l’éducation active »




1. Définition

Avant de définir la pédagogie active, définissons d’abord le terme « pédagogie ».

Pédagogie signifie « manière de mener un enfant ».
D’où, la pédagogie active est celle qui rend l’élève actif ; c’est lui qui construit son savoir (l’auto-socio-construction).


« Trouver la méthode qui permettra au maître d’enseigner moins et à l’enfant d’apprendre davantage »
Comenius (1592-1670)
Théologien, philosophe et pédagogue

La pédagogie active est une méthode d’apprentissage « appropriative » et de « découverte », en ce sens que les connaissances et les savoir-faire acquis résultent, pour l’essentiel, d’une activité personnellement prise en charge par l’élève.

« Quelque chose qu’on découvre soi-même est quelque chose que l’on n’oublie jamais. »

Nous parlerons de pédagogie active ou méthode active lorsque l’élève est agent volontaire, actif et conscient de sa propre éducation.
Il « apprend en faisant ».



2. Les principes directeurs de la pédagogie active


Elle se base essentiellement sur la façon dont le savoir est transmis.
Ce n’est plus le savoir qui est mis au centre du système pédagogique nouveau, mais l’enfant (l’élève) lui-même.

Dès lors, celui-ci ne doit pas recevoir la connaissance toute faite, il lui appartient de la découvrir, de la construire, lorsqu’il en éprouve le besoin.

La pédagogie active implique que « tout apprentissage réel exige une activité authentique de recherche », ce qui est exactement l’inverse dans l’enseignement traditionnel : « Tais-toi, je vais t’apprendre à parler », « je t’explique alors tu dois comprendre ».

C’est à travers cette recherche que les élèves vont construire petit à petit leur nouveau savoir.

En d’autres termes, « il ne peut y avoir apprentissage réussi que s’il y a construction dans un processus de recherche ». Celle-ci peut être faite de manière individuelle ou collective.

« Je cherche, donc j’apprends 




Les divers mouvements d’Education ont été renforcés par la psychologie de J. Piaget[1] et par le constructivisme qui affirment que c’est l’élève qui construit son savoir à partir de l’activité (manuelle et intellectuelle).

Cette démarche est également appelée l’auto-structuration de la connaissance.

Dans la méthode active, l’enseignant a pour rôle de mettre à disposition de l’élève les outils nécessaires à l’apprentissage.

C’est ce que nous nommerons également l’auto-socio-construction du savoir.

Elle s’oppose à deux modes traditionnels d’enseignement : l’explication et la manipulation :

- expliquer : c’est transmettre verbalement les connaissances à l’élève, sans que celui-ci questionne ou critique.
C’est ce qui a fait dire à S. Pappert, collaborateur de J. Piaget :
« Chaque fois que l’on explique quelque chose à l’élève, on l’empêche de l’inventer »

- manipuler : l’élève est manipulé à partir du moment où l’enseignement n’est pas accompagné d’une réflexion sur l’action menée.


Ceci nous emmène à dire que la méthode active ou l’auto-socio-construction du savoir ne repose pas seulement sur les étapes de la connaissance, sur la simplification de la réalité mais au contraire, elle consiste à provoquer une recherche sur la complexité où la clarté et la cohérence ne sont pas données a priori.

L’intelligence est active et autoconstructive par l’assimilation et l’accommodation (selon Piaget) ou émanant de la pratique du tâtonnement expérimental (selon Freinet).

Examinons ces deux pensées :


Le tâtonnement expérimental selon Freinet

A l’origine de chaque individu, il y a la motivation vitale càd le besoin de puissance, le besoin de se dépasser, de réaliser et de dominer les obstacles.
C’est ce que l’on appelle le moteur de pratique des essais et erreurs.

Cette pratique est un simple tâtonnement mécanique.  Peu à peu l’individu s’expérimente par systématisme et tâtonnement.

Ceci sera donc le résultat de la pratique des essais et erreurs suscitée par la motivation vitale et l’intérêt de l’expérience.

Freinet préconisera donc de donner à l’enfant de nombreuses occasions de tâtonner pour assimiler et intégrer le savoir, pour en faire des règles de vies puis des techniques de vies.



Les bases de la psychologie de Piaget

Piaget et Freinet prône donc une éducation active.

Pour Piaget, il y a similitude de fonctionnement de l’organique et du mental.
Toute connaissance comporte toujours un processus d’assimilation à des structures antérieures qui sont des schémas d’action.

« Connaître ne consiste pas à copier le réel mais à le transformer de manière à le comprendre ».
Ces schémas d’assimilation vont alors être soumis à l’accommodation.


Démontrons la similitude des pensées de Freinet et Piaget

Ces deux pensées trouvent un parallélisme étonnant.

Selon Freinet, le moteur de tout développement mental c’est la motivation vitale : le besoin de puissance au service de la vie.

Selon Piaget, c’est la similitude de fonctionnement entre le biologique et le mental ; d’où un accroissement de puissance ;


Ensuite, il y a les règles de vie qui correspondent aux schémas d’assimilation, qui ne peuvent s’acquérir que par l’activité.

Enfin, soulignons que pour ces deux maîtres-penseurs, la connaissance vient de l’action et qu’une véritable activité ne peut s’exercer que s’il y a intérêt ou besoin.



3. Quels sont les critères de la méthode active ?

Les critères dominants de cette méthode sont l’activité, la liberté et l’autoéducation.


Qu’entend-on par "activité" ?

L’activité est surtout exercée au contact du réel, du concret.  Ce que l’enfant peut observer, manipuler, jouer et recréer.

Chez l’adulte, la théorie engendre la pratique, précise Piaget.
Par contre chez l’enfant, la théorie est inefficace dans la résolution d’un problème.  L’enfant procède par « schémas actifs ».


Qu’entend-on par "liberté" ?

Il y a méthode active que s’il y a initiative, choix volontaire.  Ce qui suppose que l’acte pédagogique satisfait à un besoin de l’enfant ou répond à ses intérêts, à sa motivation.


Qu’entend-on par "autoéducation" ?

L’autoéducation vise à l’autonomie croissante, à l’élaboration progressive de la personne.
Comenius[2] affirmait déjà que l’éducation a pour but l’éveil de la sensibilité, la sûreté du jugement et l’épanouissement de la personnalité.


« Chacun de nous doit comprendre qu’il porte son propre bonheur »
Ce qui implique une ascension vers la conscience e le sens des responsabilités.



Qu’en est-il de l’autonomie et de la responsabilité de l'élève dans une méthode active?

Ce qui caractérise le plus la pédagogie active, c’est qu’elle engage la personne tout entière ; tandis que les autres méthodes ne concernent qu’un aspect limité de la personne.

Il a même été dit que la didactique ne faisait appel qu’à un hémisphère cérébral en négligeant les activités corporelles ou esthétiques.

Cela ne suppose pas que la méthode active néglige l’intellect et la réflexion car ces deux aspects se retrouvent à tous les niveaux de l’activité.

Il apparaît que l’élève réfléchit davantage en méthode active puisque l’initiative lui est personnellement attribuée et qu’il ne peut s’en remettre à personne d’autre que lui en ce qui concerne ses décisions et ses gestes.

Dans cette méthode, l’imagination de l’élève est également sollicitée ; au moins aux deux bouts de l’action : à la fondation du projet et au réinvestissement de l’activité.

Ainsi, la méthode active pousse l’élève à une forme d’autonomie.


L’autonomie croissante de l’élève

L’autonomie de l’élève se situe au début et à la fin de l’activité :

v     au début, puisqu’il choisi librement l’objet et les moyens de son travail,

v    à la fin, puisqu’il s’exprime et se maîtrise grâce à l’activité qu’il a accompli.


Cependant, nous ne pouvons pas dire que l’élève est autonome et libre de ses choix au premier jour de la rentrée ; il a par contre la possibilité de s’engager peu à peu et ce, toujours grâce aux exercices.

Il va de ce fait acquérir un équipement de méthodes qui lui permettront plus tard à prendre en charge ses choix.
C’est sur ce dernier point que l’enrichissement sera le plus fructueux.



Comment conscientiser et responsabiliser l’élève ?
Seule l’action librement assumée peut permettre à l’élève de se situer dans le temps et dans l’espace (réel).  Une personne est responsable lorsqu’elle atteint un seuil de maturation et un certain degré d’autonomie grâce à sa conscience.

C’est pour cette raison qu’il est évident que la responsabilité ne peut être invoquée que si l’élève accepte librement de s’engager dans une action et qu’il a les moyens pour l’accomplir.

D’où, la méthode active permet d’obtenir des résultats à partir du moment où l’objectif est à la mesure des moyens de l’élève.

De ce fait, le « faire » devient peu à peu le « savoir-faire »,
«vouloir-faire » et débouche sur le « vouloir-être ».

C’est là la meilleure préparation à l’expérience et là est peut être le grand avantage de la pédagogie active.



4. Quelques difficultés de la pédagogie active

La pédagogie active ne présente pas que des avantages, il en découle quelques difficultés.  Les avantages l’emportent tout de même sur les inconvénients au sens large.

Quelques difficultés :

Ø certaines connaissances ne peuvent être acquises qu’en ayant recours à d’autres méthodes pédagogiques.

Ø pour arriver aux solutions ou objectifs prévues, cela peut prendre beaucoup de temps (puisque l’élève avance à son rythme et selon ses connaissances

Ø certains élèves n’arrivent pas toujours à se prendre en charge, d’où il faut l’y amener.  Ceci va à l’encontre de la méthode

Ø le fait de donner plus de place à l’élève peut effacer le rôle de l’enseignant

Ø le fait de laisser trop d’autonomie à l’élève peut le rendre égocentrique, vaniteux.
Jean Repusseau disait : « L’élève actif est souvent exhibitionniste au petit pied ; il se manifeste à tort et à travers »

Ø si la méthode favorise les objectifs de maîtrise, elle sacrifie les élèves brillants ;

Ø si la méthode favorise les objectifs de développement, elle défavorise les élèves moins doués.



5. Les aspects particuliers de la pédagogie active

La méthode active appliquée aux adultes

Cette méthode s’oppose au schéma classique du formé passif qui enregistre la formation dans un processus de conditionnement – mémorisation – répétition. Le formé est acteur de sa formation.

Les caractéristiques générales des méthodes actives se résument à quelques points fondamentaux qui servent de critères à toute organisation d’une formation par méthode active :

* Comme dans l’enseignement de l’enfant, l’adulte qui désire se former doit d’abord en éprouver le besoin, être motivé et doit s’engager personnellement dans cette action.

* Plutôt que d’être détenteur autoritaire d’un savoir préétabli, le formateur devient un facilitateur. Il doit y avoir un véritable échange entre les apprenants et lui. Il ne doit pas être préoccuper uniquement du contenu qu’il enseigne mais avant tout des besoins de ceux à qui il s’adresse.

* L’évaluation de la formation est nécessaire pour permettre au formé de se situer par rapport à ses objectifs initiaux concernant la formation.
Cette évaluation permanente est un moyen indispensable au formateur pour mesurer les résultats de son action et pouvoir éventuellement l’adapter en modifiant ses méthodes.


L’utilisation de la méthode active dans un groupe

La pédagogie active cherche à utiliser les potentialités d’apprentissage nées par la dynamique de groupe.

Il s’est avéré :
* Qu’un groupe de travail obtient des performances supérieures à celles d’un individu isolé ;
* Que les individus participant à un groupe de travail apprennent davantage qu’un individu (à capacités égales) travaillant seul ;
* Que le travail en groupe tend à influencer durablement les comportements des participants.

Toutefois, le groupe doit remplir certaines conditions de maturité dans son fonctionnement, d’égalité entre les individus, de nombre de participants et surtout d’une homogénéité de niveau. Dès lors, le groupe se révèle être un lieu favorable aux échanges et implications de chacun.
Il constitue un apprentissage de la vie sociale.

La pédagogie active et les pratiques familiales

La pédagogie active remet en question l’attitude traditionnelle à la fois des maîtres et des parents.

L’évolution de l’intelligence résulte en effet d’un processus éducatif fonctionnel qui débute nécessairement par l’adaptation pratique : ceci constitue en réalité à la première étape de la connaissance.

C’est pour raison qu’elle doit être recommandée dès le tout jeune âge, afin d’obtenir une structure expérimentale solide chez l’enfant.

La famille a donc, dans cette perspective, un rôle essentiel à jouer.

Freinet évoquera la notion de « recours-barrières » :
- « recours » : l’aide volontaire ou inconsciente que le milieu éducatif apporte à l’enfant en vue de la réussite d’une action entreprise.

- « barrières » : les expériences vécues par l’enfant et qui limitent les actions estimées, dangereuses ou prématurées par le milieu.

Ce qui l’emmène à dire que la qualité des structures mentales de l’enfant dépend largement des recours-barrières acquissent et qui s’appui largement sur les apports des parents.


La pédagogie active et les pratiques sociales
La pédagogie active ne peut se désintéresser du travail social pour aboutir à des résultats probants.

Les experts les plus compétents disent même que l’intervention sociale est amplement requise pour orienter efficacement l’action.

Cette perspective invite les participants à :
- expérimenter, créer, produire,
- mettre les choses et les événements en relation les uns avec les autres,
- s’exprimer,
- émettre des hypothèses,
- éprouver les faits,
- réfléchir sur les actions menées,
bref, à débattre ensemble dans un milieu social caractérisé par la rigueur dans les échanges et les engagements en commun.

Dans la pédagogie active, on travaille avec « ce qui fait sens » : on part de l’intérêt et des besoins ; on suscite la production, l’expression libre et le travail collectif afin de retrouver sa motivation et sa puissance de vie.

C’est aussi de la sorte que l’on met en place une pensée plus réfléchie et finalement plus conceptuelle.


















6. Conclusion

On pourrait synthétiser la pédagogie active en trois concepts clés : « savoir-recherche-création ».

Dans une telle approche, la maîtrise des choses n’est possible que par l’analyse ou l’invention de ces concepts au moyen des pratiques des essais et erreurs.

Comme le dit G.Palmade, c’est une « pédagogie optimiste » qui prouve par ses résultats qu’il est utile de faire confiance à l’élève.

Même si cette phrase : « laissez-le agir tranquillement » n’est pas toujours suffisant. Il peut subvenir des refus de la part de l’élève et des échecs.

Pour l’éduqué, il est souvent plus facile de savoir que de faire et pour l’éducateur, de faire savoir que de faire faire ou de faire savoir faire.

Enfin, la pédagogie active est très avantageuse à l’épanouissement de l’élève ou du formé mais ne suffit pas toujours dans un cadre social.

Ce qui conduit aux méthodes « coopératives 


[1] Piaget : connu sous le nom de Jean Piaget (1896-1980). Psychologue, biologiste et logicien suisse.  Connu pour ses travaux en psychologie du développement et son épistémologie génétique.
[2] Comenius (1592-1670) philosophe et pédagogue tchèque
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