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Parcours Pluridisciplinaire






Le jeu à l’école





DREGE Isabelle                                                                Cours de psychologie de M PULIDO                                                                                                                                                                                             
FOUCHER Stéphanie                                                           Année universitaire2004-2005


Sommaire






Introduction ……………………………………………………………………………….….…3



    4)    Les différentes formes de jeu  …...………………………….…...……………………………...……….….8






    2)     Le choix des jeux……………………..…………………………………………………………………...….16


















Introduction



Au sein de notre enseignement de psychologie, il nous est demandé de réaliser un écrit sur un sujet de notre choix mettant en relation la psychologie et l’un des aspects de notre futur métier de professeur des écoles.
Nous avons choisi de parler du jeu qui nous apparaît être l’activité à laquelle les enfants consacrent le plus de temps. 
Quel est l’intérêt du jeu dans la construction de l’enfant ? Quel est son intérêt psychologique dans l’apprentissage à l’école ? Pour essayer de répondre à cette problématique nous allons traiter différents points.
Tout d’abord dans un premier temps, nous tenterons de définir ce qu’est le jeu, ce qu’il apporte aux enfants en général, et nous détaillerons les différentes formes de jeu existantes. Cette partie va nous servir à poser les bases de notre réflexion.
Dans un deuxième temps, nous nous intéresserons plus particulièrement aux apports bénéfiques du jeu d’un point de vue pédagogique, dans la construction de l’enfant, dans sa construction avec autrui et dans l’apprentissage à l’école. Cette partie nous paraît importante car elle permet de mettre en évidence les bienfaits du jeu et montre pour quelles raisons le jeu peut être utilisé comme outil pédagogique.
Ensuite dans une troisième partie, nous évoquerons l’intégration du jeu à l’école, le rôle qu’à l’enseignant dans cette intégration et la façon dont il doit choisir les jeux. Cette partie permet de mettre en relation le jeu, l’apprentissage et l’enseignant.
Enfin dans une quatrième et dernière partie, nous discuterons des limites du jeu car il nous paraît intéressant d’évaluer les contraintes de mise en place du jeu au sein d’une classe.
L’intérêt du dossier est d’étudier l’une des principales activités de l’enfant au cours de l’école élémentaire et ainsi de mieux le comprendre dans ses activités ludiques et aussi de mieux le guider dans sa construction personnelle.

       I.    Qu’est ce que le jeu ?


1)  Définition


Montaigne considère les jeux comme « les plus sérieuses actions des enfants ». C’est pourquoi une réflexion tournée vers le sens profond du jeu nous apparaît indispensable.
Selon Le Robert, le jeu est une activité physique ou mentale qui n’a pas d’autre but que le plaisir qu’elle procure. Or, nous tenterons de montrer que le jeu n’est pas seulement une source de plaisir mais aussi un très bon outil pédagogique.
Pour le philosophe hollandais Johan Huizinga (cité dans l’enfant et les jouets), «le jeu est une action volontaire, accomplie dans certaines limites fixées de temps et de lieu, suivant une règle librement consentie mais impérieuse, pourvue d’une fin en soi, accompagnée d’un sentiment de tension et de joie et d’une conscience d’être autrement que dans la vie courante. ».

Rogers Caillois définit le jeu par les formes que prend cette activité, il en distingue six, dont :
 -le jeu libre : c’est l’activité à laquelle le joueur ne saurait être obligé sans que le jeu perde
  aussitôt sa nature de divertissement attirant et joyeux.
 -le jeu réglé : activité soumise à des conventions qui suspendent les lois ordinaires et qui
  instaurent momentanément une législation nouvelle, qui seule compte.

Piaget quant à lui en distingue trois formes en fonction de l’âge de l’enfant :
 -le jeu d’exercice : il concerne les deux premières année de la vie de l’enfant. Il s’agit alors
  d’interaction entre l’enfant et les objets du monde physique. L’enfant répète par pur plaisir
  des gestes qu’il a appris et assimilés. C’est la période durant laquelle il prend les objets, les
  lance, manipule les éléments naturels tel que l’eau, la terre, le sable…
 -le jeu symbolique : c’est la période durant laquelle les enfants jouent ensembles et se mettent
  en scène dans un souci d’imitation de l’adulte : schématiquement, les petite filles jouent à la
  maman et à la poupée, tandis que les garçons mettent en scène le gendarme et le voleur.
  Ces jeux se caractérisent par les interactions qu’ils engendrent entre les enfants.


 -les jeux de règles : ils commencent à se développer chez les enfants à partir de 4 ans, mais
ils sont davantage utilisés à partir de 7 ans. Ce sont des jeux compétitifs régis par des codes, des règles transmises ou des accords momentanés.
Chacune de ces formes de jeu correspond donc à une période de la vie de l’enfant et participe à plusieurs apprentissages.

2)  A quoi sert le jeu ?


Le jeu servirait, d’après l’opinion la plus ancienne et la plus répandue de nos jours, à se délasser. C’est le jeu considéré comme une récréation, pour se délivrer des soucis et de la fatigue.
Toutes les références que nous citerons dans cette partie sont tirées du livre écrit par Jeanne Bandet et Réjane Sarazanas .
D’après Schiller-Spencer, le jeu serait aussi un moyen d’expression  et de libération de forces inutilisées  dans la vie; appliquées aux adultes, cette théorie explique toutes les activités dites « de loisir » ou de vacances, quand le travail n’exige plus l’exercice de l’action et de l’énergie. Cette énergie, qui se trouve en excès, est donc utilisée dans des actes inutiles mais qui servent justement, dans le jeu, à l’extérioriser. Il est difficile d’appliquer cette théorie aux enfants lorsqu’on les a vus se fatiguer à jouer, allant jusqu’à l’extrême limite de leurs forces.
Stanley-Hall propose la théorie de l’atavisme:
Les jeux reproduiraient à peu près dans l’ordre où elles sont apparues, dans le passé, à travers les générations, les activités des hommes. Sans doute retrouve-t-on dans les jeux  des enfants certaines formes ancestrales où se découvrent les mêmes instincts (chasse, combat) et les mêmes rites (formules magiques des comptines, pouvoir de certains gestes); mais, il faut remarquer aussi que, de plus en plus, les jeux sont influencés par la société dans laquelle vit l’enfant.
Groos évoque une autre théorie qui est la théorie de l’exercice préparatoire. Cette thèse met l’accent sur le rôle du jeu dans le développement des êtres vivants. L’idée fondamentale est la ressemblance  entre les activités ludiques et les actions qui caractérisent ensuite les adultes de la même catégorie. Par exemple, « le petit chat bondit sur le morceau de papier ou sur la feuille sèche, comme il bondira plus tard sur la souris ou sur l’oiseau. »
Tout se passe donc comme si les instincts apportés en naissant avaient besoin, pour remplir leur rôle dans la vie, d’un complément de développement. Le jeu permettrait l’achèvement de cette fonction instinctive; il serait « un exercice de préparation à la vie sérieuse ».
Selon la formule de Groos, ce n’est pas parce que l’animal est jeune qu’il joue, mais il a une jeunesse parce qu’il a besoin de jouer.
Plusieurs auteurs ont insisté sur la portée biologique du jeu. La conception de la valeur du jeu comme facteur d’évolution de la personnalité est ainsi mise en évidence.
Carr (1902) considérait que le jeu était un agent de croissance des organes car il stimule l’action du système nerveux.
Pour Konrad-Lange, le jeu donnerait l’occasion d’exercer des tendances innées mais que le milieu de vie n’utilise pas. Il compenserait ainsi la réalité, soit en déployant des activités en marges des occupations spatiales, soit en aidant l’acquisition d’habitudes utiles. Mais le jeu peut aussi remplir autrement cette fonction à la fois libératrice et formatrice.
Parmi les tendances apportées par l’hérédité ou tenant aux conditions de la naissance, il en est que la société ne peut admettre. L’individu est pris entre le désir de les exercer et la nécessité de les combattre. Le jeu permettrait le « défoulement » par une satisfaction détournée de ces tendances antisociales.
Cette théorie repose sur la conception psychanalytique de Freud puisque le jeu prend la forme d’une sublimation d’instincts dangereux. La pratique du psychodrame dans certaines formes d’éducation est en partie une application de ces idées.

3)  Caractères propres aux jeux des enfants

 

Il faut tout d’abord souligner sa spontanéité, car « l’enfance est l’apogée de l’activité ludique » et que, d’après Gusdorf : l’enfance s’achève, peut-être, avec la découverte que la vie n’est pas un jeu perpétuel ».
Nous ferons appel ici aux ouvrages et aux articles de psychologues contemporains: Wallon, Piaget, Jean Château, Philippe Malrieu... (cités par Jeanne Bandet et Réjane Sarazanas).
Aux chercheurs modernes, le jeu apparaît comme l’activité la plus naturelle de l’enfant. Elle ne s’oppose pas aux contraintes, en général ignorées à cet âge, où n’existe pas le sens de l’obligation. Pour Wallon, le jeu est toute occupation qui n’as pas d’autre finalité qu’elle même: c’est le cas des exercices auxquels se livre le petit enfant. S’il en résulte souvent un apprentissage fonctionnel, ils sont néanmoins poursuivis pour eux-mêmes, sans l’intention du but qu’ils permettront d’atteindre...
On peut éclairer ce caractère du jeu, d’être « une finalité sans fin » ou plutôt « une réalisation qui ne tend à rien réaliser, que soi », par tous les exercices auxquels se plaisent tant les tout jeunes enfants; gestes qui paraissent ne pas avoir de raison d’être mais qui prépareront la préhension et la marche; vocalises dont le bébé s’enchante « pour rien » mais d’où sortira plus tard le langage; gribouillages qui sont l’ébauche du dessin et de l’écriture.
La signification du jeu enfantin est donc d’utiliser toutes ses forces naissantes dont il ne peut déceler l’usage ultérieur. On pourrait, en un certain sens, dire que l’enfant joue parce qu’il ne peut et ne sait travailler. Tout le monde peut observer que lorsque l’adulte propose à l’enfant une tâche à sa mesure et dont il peut apprécier le résultat, il s’y livre avec un plaisir extrême. Jeu et travail n’apparaissent pas aux enfants comme tels. Le jeu précède le travail, mais s’exerce en dehors de lui tout en le préparant. Il est bien difficile parfois de distinguer le jeu du travail.
Aussi a-t-on pu voir écrit que « d’activité principale, le jeu glisse ainsi vers une activité secondaire. Il est presque toute l’activité spontanée du tout-petit; il n’est plus qu’un accident dans l’activité de l’adulte laborieux. Le rôle que le jeu remplit dans la petite enfance, le travail le remplit dans la maturité...En considérant ce glissement progressif, on peut comprendre pourquoi le jeu peut être à la fois sérieux et futile » (Wallon)
Dans l’activité ludique, le « sérieux » va ainsi à l’enfant qui ne peut rien faire de plus valable, tandis que la « futilité  » semble du côté de l’adulte qui a de plus graves soucis et de plus lourdes tâches. On devine tout le parti que l’on peut tirer en éducation, de ce caractère du jeu, activité enfantine à la fois libre et gratuite, mais sérieuse au point qu’on ne sait parfois, dans les écoles maternelles, séparer le jeu du travail.
Il faut toutefois remarquer un caractère constant du jeu que l’enfant ne trouve pas toujours dans ses « devoirs » d’école ou dans les petites responsabilités domestiques dont on le charge parfois. Nous avons vu  jusqu’ici surtout l’action dans le jeu, mais il ne faut pas oublier son importance affective: le jeu est source de joie; il faut rappeler que le mot signifiait, à l’origine, rire et bruit. Il tient donc du simple amusement par le plaisir qu’il procure; mais le véritable jeu n’est ni désordre, ni agitation passagère; il mène à un résultat qui peut être simple empilement de cubes ou confection d’une robe de poupée, ou montage délicat d’un jeu de construction. Même lorsque le bébé répète par jeu les mots que sa mère prononce, il y a un aboutissement.
On peut voir alors dans le jeu un caractère important de l’activité enfantine.
Le jeu se place dans le domaine de la fiction ou de l’illusion. « Le domaine du jeu est le paradis du ‘comme si’ » (Claparède). L’enfant porte à sa bouche une cuillère vide comme s’il mangeait; il gronde son poupon comme s’il avait réellement désobéi.
Le jeu tient donc une place très importante dans la vie de l’enfant.


4)  Les différentes formes de jeu

Il existe différentes façons de catégoriser les jeux. On a déjà évoqué deux classifications différentes avec Rogers Caillois et Piaget.
Notre dossier portant sur l’utilisation des jeux dans une perspective d’apprentissage, nous avons choisi d’utilisé les différentes formes de jeu comme les ont définit le Dr Decroly et Mlle Monchamp. Dans leur ouvrage, les jeux sont divisés principalement en quatre classes différentes :
ü  Les jeux se rapportant au développement des perspectives sensorielles et de l’aptitude motrice :
-jeux visuels moteurs
-jeux moteurs et auditifs moteurs
-jeux de formes et de grandeurs
-jeux de rapports spatiaux

ü  Les jeux des idées générales ou d’associations inductrices et déductrices :
-jeux d’association d’idées
-jeux de déductions


ü  Les jeux didactiques :
            -jeux d’initiation arithmétique et des opérations concrètes
            -jeux se rapportant à la notion de temps
            -jeux d’initiation à la lecture
            -jeux de compréhension de langage et de grammaire

ü  Les jeux collectifs

L'ensemble des jeux comporte un intérêt général mais, en plus, chaque jeu comporte son intérêt particulier. C'est pourquoi nous reverrons ultérieurement toutes ces formes de jeu afin d’en donner leurs intérêts dans l’apprentissage à l’école.


    II.    L’intérêt du jeu en classe


1)  dans la construction de l’enfant.


Des travaux du congrès de l’U.N.E.S.C.O ont précisé, comme on le savait déjà, que le cerveau n’a pas acquis sa structure définitive à la naissance. C’est dans la petite enfance que, tandis que le cerveau augmente de poids, les nerfs se myélinisent et les connexions nerveuses se multiplient, permettant de nouvelles relations psychiques. Tout en étant lui aussi favorisé par la myélinisation, le jeu aiderait à son tour cette croissance et ces mécanismes et par conséquent conditionnerait le développement de l’individu.
La joie du jeu est souvent celle d’une réussite; même si ce sentiment est très fugace, il a pour l’avenir de l’enfant une grande signification.
Tous les pédagogues connaissent l’importance de la réussite dans le développement harmonieux d’un enfant. Le jeu en est l’exemple qui se confirmera lorsque les petits remplaceront dans leur comportements de joueurs, selon l’évolution déjà signalée, les jeux turbulents et improvisés par les jeux de règle.
Nous arrivons ainsi au sens profond du jeu enfantin, où tout l’être de l’enfant est cerné, depuis ses instincts mal connus, jusqu’à ses actes, ses sentiments et sa pensée.
Toute la personnalité de l’enfant s’exprime dans son jeu, et selon les expressions diverses mais synonymes utilisées par les psychologues, on y découvre une sorte d’élan, d’appétit de vivre et d’être, d’énergie vitale. Ainsi que le dit Jean Château: « être soi, tel est le but du jeu; et être soi, c’est presque toujours être plus que soi; aussi le jeu, épreuve de soi, est-il aussi conquête de soi... L’homme ne se définit point par ce qu’il est, mais plutôt par ce qu’il ne veut pas être... C’est toujours le même désir de dépassement qui se retrouve. »
Jouer est souvent vécu comme un moment de plaisir. A ce titre, c'est un formidable catalyseur de l'apprentissage. Une activité réalisée avec plaisir s'ancre d'autant plus facilement dans la construction d’un apprentissage.
L'enfant apprend plus par lui-même en jouant. Il assure son développement physique, social, émotif et intellectuel par le jeu.
Le jeu aide donc à la construction du soi. En se créant un monde qui lui appartient, l’enfant peut développer son imagination et ainsi il se construit à travers cet imaginaire.
Le jeu permet à l’enfant de construire sa propre personnalité.




2)  dans sa relation avec les autres.


Source de joie, facteur de création et de réussites, origine et préparation des activités de travail le jeu est aussi une première introduction aux formes sociales de la vie de l’enfant.
Dès lors que le jeu se réalise à deux joueurs ou plus, il peut impliquer des processus de compétition, d'alliance, de coopération, d'échanges et de convivialité. Autant de principes essentiels dans la vie avec les autres.
L’apparition de règles, la nécessité de tenir compte des compagnons de jeux, révèlent à l’enfant l’existence d’interdits et lui donnent la conscience des autres. Rappelons un fait auquel on ne donne pas toute la portée souhaitable: les jouets, indispensables dans la plupart des jeux, on des usages et des propriétés spécifiques qu’il faut découvrir pour les utiliser; cette connaissance des objets, cet intérêt qu’elle entraîne dans le domaine des choses, enrichit d’une manière indispensable à notre époque l’expérience de l’enfant et ouvre son esprit au monde des adultes et des techniques. Nous pouvons donc conclure avec Georges Gusdorf que, dès l’âge enfantin, « le jeu n’est pas la négation pure et simple, la dérision du sérieux, du travail et de la loi, mais bien plutôt le signe et le gage de réconciliation, au sein du destin individuel et social, entre la norme et l’exception, entre la nécessité et la liberté ». Le jeu est le sel de la civilisation.
Jouer c'est entrer dans un monde, avec ses limites et ses règles.
Jouer c'est donc comprendre, apprendre et accepter de respecter un ensemble de contraintes.
C’est au travers du jeu que les enfants apprennent à vivre en collectivité, à respecter autrui, à partager, à respecter des règles…
Le jeu est donc ce qui permet à l’enfant d’acquérir les bases de la vie en société. En effet les règles engendrent des droits et des devoirs que l’enfant doit apprendre à prendre en compte.

De plus, le travail ‘de groupe’ peut être extrêmement bénéfique dans le sens où, au cours du jeu, en entendant les autres raisonner, expliquer, justifier leur réponse, un élève pourrait grâce à l'appropriation des procédures des autres, s’établir un nouveau mode de raisonnement.

3)  dans l’apprentissage à l’école.


Signalons tout d’abord que l'enfant de primaire est jeune et que sa capacité de concentration effective n'excède pas quinze minutes par séance. Il faut donc constamment trouver un moyen de stimuler les élèves. Il faut s’en cesse leur proposer des activités nouvelles et attrayantes. C’est en cela que le jeu peut constituer un formidable outil pédagogique.
Le jeu peut également lutter contre l’ennui scolaire, et apporte un engouement nouveau des élèves face aux activités pédagogiques proposées.


L’utilisation du jeu en classe est un bon moyen d’innover pour améliorer la réussite scolaire. Il peut par exemple aider les élèves à apprendre mieux et ainsi leur faire réussir dans des domaines qui auraient pu leur sembler trop difficiles et par conséquent lutter contre l’échec scolaire. En effet, le jeu entraîne une atmosphère conviviale qui facilite l’intégration des élèves au sein de la classe et donc leur permet de prendre confiance en eux, et de ce fait le jeu peut constituer un remède à l’échec scolaire. L’aspect ludique permet aussi aux enfants de travailler ou d’approcher une notion ou une matière sans y percevoir la notion de contrainte généralement liée à l’école. Pour les élèves qui font des blocages lorsqu’il s’agit d’activités dites « scolaires », le jeu peut apparaître comme libérateur. La situation est dédramatisée par le caractère ludique de l'activité, cela peut être une manière de faire comprendre aux élèves qu'un échec n'est pas un drame mais une invitation à poursuivre leurs efforts jusqu'à la réussite.
Utiliser des jeux en classe permet de faire participer des élèves plus timides et réservés, et ainsi leur permettre de vivre la position de « meneur de jeu » à un moment ou à un autre de leur vie scolaire et ainsi leur permettre de s’affirmer.
Le jeu leur permet aussi d’évaluer leurs compétences sans pour autant se sentir diminué face à leurs camarades, ou au contraire en se sentant nettement valorisé.

A présent, nous allons reprendre les différentes formes de jeu que nous avons énuméré dans la première partie afin de montrer leur intérêt dans l’apprentissage à l’école.

- Les jeux se rapportant au développement des perspectives sensorielles et de l’aptitude motrice permettent à l’enfant de développer ses sens tel que l’ouie, la vue, le toucher, mais également sa perception dans l’espace. Ils lui servent à construire sa compréhension du monde et à agir avec efficacité sur le plan sensoriel et moteur, ainsi qu’à affirmer sa personnalité et à perfectionner son habileté.
Par exemple, les jeux de construction, de classement…

- Les jeux des idées générales ou d’associations inductrices et déductrices permettent de développer non seulement l’aspect sensoriel et spatial mais aussi de faire intervenir d’autres facteurs plus compliqués à saisir, tel que le temps, le but, le moyen, la cause, l’instrument, l’origine. Ils peuvent également mettre en œuvre leur pensée créatrice, émettre des suppositions, faire des choix et les expliquer.
Par exemple, les jeux où l’enfant doit retrouver l’objet manquant dans une liste, ou bien les jeux où l’enfant doit essayer de trouver tous les éléments d’un même ensemble…

- Les jeux didactiques permettent de développer la logique et de les familiariser avec des règles élémentaires de calcul, de français et d'apprendre à maîtriser les symboles. Ces jeux permettent aux élèves de communiquer en utilisant les ressources de la langue, d’interagir de façon harmonieuse avec les autres, de s'exprimer.
Par exemple, le loto d’images et de mots, les dominos…

- Les jeux collectifs permettent d’installer chez l’enfant des notions de règles et de respect. Ils permettent aussi de mettre les élèves dans une situation de compétition, ce qui les amène à se surpasser, à apprendre à s'entendre et à multiplier les contacts avec les autres enfants.
Par exemple les jeux de ballon, les jeux de réflexion et de rapidité…
Il faut que les jeux proposent des situations qui entraînent un accroissement des performances de lecture et de compréhension orale, qui mettent l'élève en position d'induire, de déduire et de mettre en œuvre des stratégies de raisonnement.
La combinaison de ces différentes formes de jeu a donc une incidence à plusieurs niveaux :
Ils permettent de développer la concentration et l’attention des enfants en les incitant à faire des compromis entre rapidité et précision, et impulsivité et réflexion.
Ils leur apprennent à élaborer des stratégies.
Ils participent à leur développement moral dans la mesure où, au contact des autres, ils comprennent la nécessité des règles, les acceptent et modulent ainsi leur personnalité.
 Le jeu doit permettre aux élèves de renforcer leurs compétences en les amenant à utiliser les connaissances étudiées comme un outil indispensable pour arriver à la solution. Ils ne doivent pas ressentir l'activité proposée comme un exercice formel.


 III.    L’intégration du jeu à l’école


1)  Le rôle de l’enseignant

 

L'école est un lieu d'apprentissage, un lieu d'échange et de socialisation.
Le jeu est un outil pédagogique complémentaire aux autres techniques et méthodes d’apprentissages employées habituellement dans une classe.
Car bien entendu, le jeu n'exclut pas un apprentissage plus traditionnel. Bien au contraire.
Les enseignants doivent savoir varier les activités et l’organisation de leur classe.
Le jeu est l’un des moyens d’y parvenir.
L’enseignant doit pouvoir et savoir l’utiliser à bon escient, c’est à dire quand il est susceptible d’apporter quelque chose aux élèves.
Le jeu permet aussi une approche différente de certains objectifs. C'est par le choix du jeu juste s'adressant à un public ciblé que l'apprentissage d'un processus, d'un concept ou d'un savoir peut avoir lieu. Par ailleurs, il est nécessaire d'accepter que l'apprentissage ne soit pas linéaire et continu. C’est pour cela que l’enseignant doit veiller à présenter à ses élèves des jeux qui sont à leur portée et qui sont susceptibles de leur apporter des connaissances, des savoirs ou des savoir-faire. Comme toutes les séances, le jeu doit être intégré au bon moment dans la séquence d’apprentissage.
C’est l’expérience et la connaissance du niveau de ses élèves qui permettent à l’enseignant d’insérer le jeu correctement dans la progression des apprentissages.




Le rôle du maître au cours de la séance est important puisqu’il anime le jeu tout en ayant des objectifs précis en tête.
-Agir avec efficacité sur le plan sensoriel et moteur.
-Affirmer la personnalité de ses élèves.
-Interagir de façon harmonieuse avec les autres.
-Communiquer en utilisant les ressources de la langue.
-Construire sa compréhension du monde.
L'enseignant peut présenter les jeux sous diverses formes et à divers moments d’un apprentissage :
- il peut laisser les jeux à disposition, sans accompagnement particulier.
- il peut utiliser le jeu comme support d'apprentissage d'une notion ou comme outil d'entraînement.
- il peut mettre en oeuvre des séances autour d’un jeu pour approfondir les notions déjà abordées.
Le jeu est utilisé pour que l’enfant puisse se réapproprier ses connaissances.
Il permet de fournir aux élèves d'autres représentations de la notion étudiée et des situations d’apprentissage différentes.
- ou bien il peut mettre en oeuvre des séances pour apprendre à maîtriser un jeu particulier dans l'ensemble de ses dimensions. Le jeu est alors au coeur de l'apprentissage. Il constitue l'objectif pédagogique de la séance.

2)  Le choix des jeux

Le Système ESAR, utilisé en France depuis 1989 et conçu au Québec, peut guider les enseignants dans le choix des objets ludiques et orienter leurs formes d'intervention.
Car il faut analyser le contenu des jeux que l’on propose aux enfants pour pouvoir leur offrir des occasions d'apprendre tout en s’amusant.
Un autre élément à prendre en considération dans le choix des jeux à leur présenter est la méthode de classement des compétences humaines que sont les intelligences multiples.
Un jeu doit présenter un minimum d'attrait ludique et un intérêt pédagogique riche ou ciblé. La progression pédagogique présente dans le jeu, de manière explicite ou implicite, est également un élément déterminant.
Idéalement, il faut favoriser les talents naturels de chaque élève en leur offrant des activités
et des jeux adaptés à leur forme et à leur niveau d'intelligence.
Il faut donc leur proposer des jeux qui sont susceptibles de répondre à cet objectif de développement global de l'enfant.
Des jeux d'exercices aux jeux de règles simples et complexes en passant par les jeux symboliques et les jeux d'assemblage, l’école doit offrir à l'enfant un éventail de jeux et d’activités aussi large et varié que possible afin que l’élève puisse trouver une source d’apprentissage qui lui convienne.
Finalement tout les jeux peuvent constituer un outil d'apprentissage. Tout jeu, par le système d'actions qu'il engendre peut être analysé et observé sous deux aspects différents :
-  premièrement le jeu peut être considéré pour son attrait ludique proprement dit.
- deuxièmement le jeu peut être considéré pour son intérêt pédagogique. Ce sont les mécanismes plus ou moins implicites mis en oeuvre par le joueur qui sont importants.
Pour avoir sa place en classe, le jeu doit posséder un maximum d’intérêt pédagogique tout en restant un jeu.
De plus, Il faut que la progression dans le jeu ne soit pas trop compliquée car sinon l'enfant se décourage et abandonne.
Le rôle de l’enseignant au niveau du choix du jeu est donc primordial, car il faut analyser le contenu des jeux pour offrir aux enfants des occasions d'apprendre tout en ayant du plaisir.
De plus, dans la sélection d'un jeu, il faut qu'il soit attrayant, ce qui implique que l'enseignant se mette subtilement à l'écoute de l'élève, en oubliant parfois ses propres préférences.


IV.    Les limites du jeu


L’utilisation du jeu comme outil pédagogique présente de nombreux avantages.
Cependant il faut aussi prendre en compte certaines contraintes qui font que le choix de certains jeux ne serait pas judicieux.
Il apparaît plusieurs facteurs faisant ressortir les limites de l’utilisation du jeu en classe :

La gestion du groupe et des équipes :
En effet, gérer un groupe de vingt-cinq élèves  et un groupe de cinq élèves ne présente pas les mêmes difficultés. De plus, compte tenu de l’ambiance de jeu qui règne nécessairement dans la classe, comment s'assurer que tous les élèves participent effectivement ? Le fait d’être dans une ambiance de jeu crée une agitation qui peut limiter la concentration de certains élèves et qui peut même en perturber d’autres.
La mise en place de certains jeux peut nécessiter la constitution d’équipes, dans ce cas faut t-il laisser faire le "hasard" ou intervenir dans leur constitution ? Si on laisse les élèves constituer eux même leurs équipes cela peut faire apparaître un phénomène de leader, ou créer des équipes trop homogènes, ce qui n'est pas profitable aux élèves en difficulté. L’intervention de l’enseignant à ce niveau est donc importante pour que le jeu atteigne son objectif pédagogique.

La gestion du temps :
Evaluer la durée d’une séance de jeu peut paraître assez difficile, dans la mesure où, généralement, il y a plusieurs facteurs qui interviennent.
Une mauvaise estimation des capacités des élèves peut engendrer une erreur d’évaluation de la durée effective du jeu : un même jeu avec des élèves de niveau intellectuel différent peut présenter des variations de temps de réalisation très importantes.
La motivation des élèves et leur état d’agitation peuvent également influencer le temps passé sur une séance de jeu. Il est donc nécessaire pour l’enseignant de prendre en compte tous les paramètres pouvant influencer la mise en place d’une séance de jeu afin que celle-ci ne perde pas sa valeur éducative et pédagogique.

La gestion du matériel :
Certains jeux peuvent être mis en place rapidement, par exemple un jeu de carte. Tandis que d’autres peuvent nécessiter un matériel particulier qui peut être encombrant ou onéreux, comme par exemple un ordinateur.

Le choix des jeux :
De même qu’une méthode pédagogique ne convient pas de la même façon à tous les élèves, le même jeu ne peut convenir à tous. Ainsi, il faut faire varier les types de jeux, de même qu’il est absolument nécessaire de varier les situations d’apprentissage, les supports, les approches…

Enfin, si un jeu bien conçu est un bon outil pédagogique, il ne doit pas être répété trop souvent, au risque de perdre cette efficacité: trop de jeux éducatifs et pédagogiques peuvent amener les élèves à s’en lasser et les conduire à refuser de jouer.
L’enseignant serait donc contraint d’obliger les élèves à jouer. Ce qui semble ne pas avoir de sens, d’autant plus que cette contrainte s’oppose à la fois à la notion de jeu libre et à la notion de jeu de règles où les règles doivent être librement consenties et non imposées.







On peut donc dire que le jeu est, d'une manière générale, une activité nécessaire au développement de l'enfant, mais qu'il est aussi, à l'école, une manière originale et efficace d'aborder ou de réinvestir certaines connaissances. En effet, le principe premier du jeu est la recherche du plaisir tout en se pliant à certaines règles qui lui sont propres. C'est en ce sens qu'il est un outil pédagogique efficace: les élèves sont motivés par le plaisir de jouer, le désir de gagner, de se surpasser et l'effort d'apprentissage est davantage désiré.
Alors plus l'enfant joue, plus il développe sa personnalité, ses capacités motrices, ses connaissances, ses compétences intellectuelles et son imagination. Plus il joue et plus il  s'entraîne à résoudre des problèmes et à trouver des solutions.
De plus, la situation de jeu possède de nombreux avantages sur le plan de l'apprentissage de la vie en société et répond en ce sens à l'un des grands objectifs de l’école élémentaire : la socialisation.
L'enseignant se sert du jeu pour amener l'enfant à s'exprimer, à travailler en groupe, ainsi qu'à développer sa logique, son imagination et sa créativité. Le jeu apparaît donc ici comme un outil particulièrement approprié aux apprentissages scolaires.
Cependant tout outil n'est efficace qu'à la condition d'être correctement utilisé, et ce principe est tout aussi valable pour le jeu.
 En effet, celui ci demande une mise en place souvent complexe, qui doit prendre en compte diverses contraintes: la gestion du groupe, du temps, du matériel.
La mise en place des situations de jeu en classe doivent intervenir au bon moment dans la progression d’un apprentissage afin d’être efficace.
Ainsi, le jeu a un intérêt dans la construction de l’enfant car il l’aide à analyser le monde, à surmonter ses difficultés, et à devenir sociable. Mais il a également un intérêt à l’école car c’est un outil très efficace pour l’apprentissage et la compréhension d’un concept ou d’une notion qui peut être apprise en classe.



Bibliographie

 


Ouvrages :

-Jean Chateau, (1979) septième édition, Le jeu de l'enfant après trois ans, sa nature, sa discipline: Introduction à la pédagogie. Paris : Librairie philosophique J.VRIN 

-Dr Decroly et Mlle Monchamp, (1978) septième édition, Initiation à l’activité intellectuelle et motrice par les jeux éducatifs.  Paris : éditions Delachaux et Niestle

-Jeanne Bandet et Réjane Sarazanas, (1972) L’enfant et les jouets. Belgique : Casterman





Article de revue :

Le monde de l’éducation (décembre 2004) « l’empire des jeux » « ils captivent et ils forment mais ils conditionnent et ils enferment » 


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